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Projet Sénégal - Témoignage d'un étudiant

 Notre Aventure

 

Nous avons vraiment vécu une expérience dépaysante : le climat, les paysages, les gens, la mentalité : tout était totalement différent d’ici.

Là-bas, il y a deux saisons durant l’année : la saison sèche et la saison humide. Nous sommes arrivés dans une période relativement supportable. La différence de climat était néanmoins prononcée entre Kaffrine et St Louis. L’air chaud, le soleil puissant et le manque d’humidité se faisaient de plus en plus ressentir au fur et à mesure que l’on s’enfonçait dans les terres vers notre première mission : le poste de Kaffrine. Quant à St Louis, le climat était plus océanique : le vent et la fraîcheur de la mer rendaient l’atmosphère plus appréciable.

Au niveau des paysages, ils étaient, à mon goût, relativement identiques d’une région à une autre : des milliers de Baobabs au milieu d’immenses plaines désertiques. Par-ci par-là, on pouvait remarquer des villages de cinq ou six huttes de paille. On croise également ça et là des chèvres, des moutons, des vaches qui recherchent tant bien que mal de quoi se nourrir. Mais où sont leurs propriétaires ?! En ville en revanche, on retrouve des maisons en dur dont la construction est plus ou moins avancée. La plupart des maisons n’ont pas de toit.

La population est plutôt jeune et le taux de chômage est très important. D’après ce que l’on a pu remarqué, les garçons en âge de travailler deviendraient généralement pêcheur, forgeron ou menuisier. Pêche et tourisme sont les deux principaux secteurs d’activité du pays. Nous avons vu également de jeunes enfants travailler mais ce travail est loin d’être celui effectué par les enfants dans les mines d’autres pays en voie de développement. Ces jeunes garçons sont en quelque sorte des apprentis. Nous n’avons vu aucune usine. La seule industrie qui prospère est une gigantesque cimenterie qui couvre toute la région d’une épaisse couche de poussière grisâtre. Au niveau de la cadence de travail, les Sénégalais sont vraiment cool : ils prennent leur temps. Nous avons dû mettre la pression au forgeron pour obtenir dans des délais convenables les protections pour la climatisation et le groupe électrogène ! Les femmes sont très courageuses : elles s’occupent de la corvée d’eau : elles se rendent plusieurs fois par jour aux points d’approvisionnement qui ne distribue le précieux liquide qu’à heures fixes. Elles s’occupent également de la cuisine et de la lessive de toute la famille avec l’aide de leurs filles. Quant aux enfants, ils vont, pour la plupart à l’école (primaire). Nous avons eu l’occasion d’ouvrir leurs cahiers et nous leur avons fait faire du calcul mental… ils n’ont absolument rien à envier aux petits français ! Quand ils n’ont pas école, ils jouent dans la rue avec des ersatz de ballon ou d’autres objets… des boites de conserve transformées en hélicoptères par exemple !


Au niveau des mentalités, les gens sont extrêmement chaleureux : dès qu’ils vous voient, ils vous saluent, vous sourient, vous demandent comment vous allez… c’est vraiment différent de par chez nous. Vous avez comme l’impression que quelque chose de plus passe entre vous et votre interlocuteur. Les gens sont également très solidaires : ils s’entre aident que ce soit physiquement en donnant un coup de main pour construire la maison du voisin ou financièrement : ils n’hésitent pas à partager ce qu’ils possèdent avec la personne qui est dans le besoin. La famille semble être l’une des valeurs les plus importantes : les générations se côtoient quotidiennement. Ces gens sont généralement pauvres et leur famille est leur seule richesse. Les anciens sont considérés avec respect par les jeunes. Ce sont eux qui possèdent le savoir et qui le transmettent.

 

 

 

La réflexion qui s’en est suivie

 

Si vous me posiez la question : peux-tu me parler de ton voyage au Sénégal, je vous répondrais : Ces 10 jours me sont restés comme un rêve au sens propre du terme. J’ai découvert un autre monde, que dis-je, un nouveau monde que tout oppose à notre monde d’origine.

Je trouve inconcevable que deux mondes si différents puissent exister sur une même planète. D’un côté, un monde où la technologie, le plaisir, l’argent, la gloire sont les maîtres mot - ce que nous acceptons… ou ce à quoi nous nous résignons - ; et de l’autre, un monde qui se rapproche plus de l’état "premier" de l’homme, l’état dans lequel notre humanité a pris vie.

A mon avis, cet autre monde est le vrai monde. Pourquoi donc ? Parce que ces gens vivent simplement, humblement, toutes leurs pensées ne sont tournées que vers la solidarité, le partage et le respect d’autrui. Voilà les idéaux auxquels j’ai toujours rêvé : ce sont les vrai valeurs ; ce sont les bases d’un monde juste et beau.

Ce monde n’a pas besoin de créer d’objets, de créer d’images en papier glacé pour répondre aux critères de beauté. Là-bas, ces valeurs ne sont pas rattachées à l’apparence physique, elles sont rattachées aux actions, à l’esprit, car les gens n’ont pour richesse que leur propre personne et c’est là leur vraie richesse.

Malheureusement, dans ce monde originel, il y a un vecteur de changement des mentalités : la télévision. J’ai eu l’occasion de me rendre compte du modèle de plus en plus occidentalisé présenté par ce média. La population est amenée à rêver au confort et à la richesse matérielle de nos pays capitalistes. En conséquence, ils essaient d’imiter nos modes de vie et de consommation. Par exemple, les jeunes garçons branchés arborent des T-shirts de marques. Autre exemple, la population se met à consommer à l’occidental : les produits alimentaires emballés font un tabac !

Le problème c’est qu’ils veulent adopter notre confort (ce qui est tout à fait légitime) mais sans en avoir les moyens : on retrouve une quantité pharaonique de déchets de type emballages plastiques dans toutes les rues et notamment hors des villes où le ramassage des ordures ménagères est inexistant. Ceci n’est qu’un exemple des conséquences que produit cette alléchante vitrine qu’est la télévision.

La solution serait de ne pas considérer notre monde comme une référence : ces gens n’ont pas besoin de tout ce que nous possédons pour vivre heureux… tant qu’ils n’y ont pas goûté, tant que nous ne les avons pas tentés.

Pour ma part, je suis outré de voir les valeurs et les habitudes qu’on leur inculque. Il est vrai que ces gens sont pauvres, qu’ils n’ont pas la soi-disant "chance" que nous avons de vivre dans un pays riche. Mais sommes nous plus heureux qu’eux ? Notre mode de vie est-il une référence ? Est-il normal que nous vivions dans une telle abondance quand nos frères ont à peine de quoi vivre ? Ne nous focalisons nous pas de façon permanente sur l’aspect matériel ?

Après avoir vécu cette expérience humaine, j’ai honte de notre civilisation. Oui, j’ose le dire, à voix haute. Nous sommes individualistes, nous ne pensons qu’à notre petit confort, nous devenons malades de trop manger puis nous nous rendons malades en faisant des régimes… A quoi cela rime-t-il ? A votre avis ? Pendant que tant de gens sont dans la misère…

A oui, j’oubliais, nous sommes tous censés regarder la télé poubelle qui nous berce 365 jours par an et qui nous donne bonne conscience à travers deux ou trois actions par an du style Téléthon où l’on donne 1% de notre argent. Moi, je dis non merci !

Vous me direz aussi qu’il faut les aider à développer leur pays… Vous croyez que notre mode de vie est une référence ? Je pense que nous faisons beaucoup trop de dégâts et notamment au niveau de l’environnement.

Ah oui, j’oubliais : vous me direz qu’ils ont autant le droit au progrès que nous. Mais quel progrès ?! Ces gens vivent heureux… Bon, c’est vrai, ils ont leurs petites difficultés de la vie de tous les jours ; mais ils vivent heureux en se contentant de ce qu’ils ont ! Combien de fois nos grands-parents issus du milieu agricole nous ont dit qu’ils étaient plus heureux avant la mécanisation de l’agriculture… oui, le travail était plus dur mais ils prenaient le temps de vivre !

Néanmoins, le point sur lequel on peut difficilement faire l’impasse, c’est l’hygiène. Certes à nos yeux d’Européens, l’hygiène là-bas est déplorable car nous sommes habitués à la "sur-stérilisation" de notre environnement. Mais, malgré tout, nous devons affirmer que l’hygiène est "la" chose la plus importante à améliorer. Humainement, on ne peut pas penser une seconde qu’il vaut mieux les laisser se débrouiller sur ce point sous prétexte d’éviter de les envahir. Rien n’est plus injuste que de laisser mourir un enfant innocent.

Aujourd’hui, en France, nous sommes tellement immergés dans le système dans lequel nous évoluons que nous n’arrivons même plus à prendre la distance nécessaire pour apprécier la légitimité de nos actions et de nos comportements.

Ainsi, il nous paraît tout à fait normal d’avaler des milliers de slogans publicitaires tous les jours, de voir des femmes en petites tenues sur les panneaux publicitaires des abris bus, de regarder la télévision avec une cannette de soda à la main, le chauffage à fond pendant que des SDF crèvent de froid, de mettre en plein été la clim à fond dans la voiture et de laisser les carreaux ouverts, de laisser couler l’eau du robinet pendant toute la durée de notre lavage de dents quotidien, d’utiliser du matériel ultra perfectionné pour prendre soin de son petit corps qui n’a pas dépensé toutes les graisses que nous avons ingurgité pendant toute une journée durant laquelle nos deux p’tites fesses sont restées bien au chaud sur une chaise bien rembourrée… Oh, STOP ! Mais où va-t-on ? Qu’est-ce que cela signifie…. Vous me direz : moi, je suis excusable, j’ai essayé de changer les choses mais ça n’a pas marché, j’ai mis de la bonne volonté mais tout le monde m’a pris pour un révolutionnaire. Ah, nous sommes deux alors ! Très bien !

C’est sûr que dans le monde d’aujourd’hui, il n’est vraiment pas évident de lutter contre ce sentiment d’individualisme développé par notre régime capitaliste. Tout le monde se défend de ne pas en être responsable mais nous en sommes les acteurs ! Votre voisin n’a pas plus de responsabilité que vous dans ce système, vous n’en avez pas moins que lui non plus ! C’est vous le responsable du monde quand lequel vous vivez. On a le droit de vous en tenir rigueur car vous ne réagissez pas… vous acceptez votre sort. Oh, oui je sais, c’est bien beau sur le papier ! Dans quelques semaines mes illusions auront disparu… je serai tout autant résigné que vous. Allons, pour nous consoler, nous avons toujours nos disques de Dalida, Emile-&-Image… et la télévision…. "Ça nous passera l’envie de réfléchir" comme dit si bien le groupe "Tryo" dans une de ses chansons. Mais ce n’est pas en ignorant les problèmes qu’on les résout. Ce n’est pas parce qu’on les sort de notre champ de vision qu’ils n’existent plus… Oh, on ne va pas commencer à s’embêter… les suivants se débrouilleront bien avec ce qu’on leur laissera… mais n’oublions pas la belle phrase d’Antoine de Saint Exupéry qui disait "on ne reçoit pas la terre de nos parents, on l’emprunte à nos enfants".

Toutes les révolutions, tous les acquis sociaux ont été obtenus grâce à des gens qui se démarquaient de la pensée générale ou imposée et surtout qui agissaient. La société et la télévision prônent la consommation irréfléchie. Même les politiques osent dire ouvertement que la consommation est l’avenir de notre société : plus nous consommons et plus nous nous développons.

Certains hommes politiques se sont néanmoins rendus compte que la solution de la consommation et de la croissance effrénées n’était pas bonne : Edgar Pisani, ancien ministre de l’agriculture après la seconde guerre mondiale en est un bel exemple. Il avait relancé le pays grâce à la mécanisation et à la productivité. Il remet aujourd’hui en cause ce concept : « Nous imaginions dans le temps que nous aurions toujours pu produire plus. Mais aujourd’hui, à quoi cela sert-il de produire plus si c’est pour exporter à bas prix, sous-payer nos paysans, et écraser les paysans des autres pays ? Produire toujours plus au détriment de l’Homme et de l‘Environnement… »

Pourquoi l’homme continue-t-il à s’autodétruire ainsi ? Ne pensez-vous pas qu’il faudrait freiner la machine… arrêter le train… descendre de notre wagon première classe où tout le monde se défigure pour s’allonger là, sur l’herbe, profiter du bon air, du soleil, prendre notre temps de découvrir l’autre au lieu de courir au boulot, au supermarché et à l’institut de beauté ? De prendre le temps comme il vient… qui sait ce que demain nous réserve…

Alors, à votre avis, qui doit évoluer ? Les pays en voie de développement ou nous ? Bien sur, les deux. En tous les cas n’oublions surtout pas que notre système n’est pas forcément une référence, il n’est pas la norme. Il ne faut surtout pas étouffer les cultures des populations minoritaires au profit d’une langue, de coutumes et de traditions communes et uniformisées qui serviraient les intérêts strictement financiers d’une infime partie de privilégiés qui jouent avec la destinée des gens et des pays comme aux échecs.

 

 

 

Une expérience vraiment enrichissante. Nous nous sommes ouverts aux autres. Nous avons découvert qu’il existait autre chose que notre petit monde à nous. Que la misère ne se résumait pas aux images qui nous sont livrées par les journaux télévisées.

Cette expérience m’a également permis de faire un premier pas dans le monde de l’humanitaire. Une première fois qui donne vraiment l’envie de continuer. Je pense néanmoins que je dois prendre un peu de recul avant de m’engager : une démarche réfléchie en vaut deux ! Nous n’avons vue que la partie immergée de l’iceberg et encore… Il vaut mieux tracer sa route ici, et, ensuite, quand on voit vraiment clair, il faut foncer ! Mais attention à ne pas s’assoupir d’ici là !

Pour conclure, j’aimerais remercier toutes les personnes qui nous ont apporté leur soutien. J’aimerais remercier en premier lieu les organismes nous ayant soutenu financièrement : grâce à eux, nous avons pu réaliser toutes les tâches envisagées. Ensuite, les membres de l’association l’Echo du Tam-Tam pour leur soutien financier et les encouragements qu’ils ont pu nous donner ; les étudiants qui nous ont, par l’intermédiaire de leur association, soutenus financièrement. Merci également à Martine et Jean-Pierre qui nous ont accueillis c
haleureusement chez eux.

 

Merci à Issa notre guide et Mensour notre chauffeur pour leur aide. Enfin, j’aimerais remercier les aventuriers avec lesquelles j’ai effectué la mission Sénégal 2005 : David, Jean-François et Aurélien pour leur bonne humeur et leur motivation, Philippe pour son aide qui nous a été très précieuse et … coup de chapeau à Michel qui a mené à bien ce projet que ce soit sur le terrain mais aussi au niveau de toute l’organisation générale du projet. Un grand merci à tous !

 

 


Date de création : 01/09/2011 @ 17:50
Dernière modification : 08/10/2012 @ 09:55
Catégorie : Projet Sénégal
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